30 octobre 2007
TROPHEES TEXTE ET IMAGES
Ecrit en 2002, d'une seule traite, en un matin, j'ai mis longtemps à oser en faire mon premier livre d'artiste, seul le désir de faire lire ce texte était là. C'est plus tard encore que j'ai décidé d'en faire un livre d'artiste...pas du tout mural, mais quand l'un de mes fidèles collectionneurs m'a dit ne plus acheter de livres d'artistes, parce qu'il ne jouissait plus des images ni des textes, confinés dans sa bibliothèque, cela a provoqué ma colère, mon désarroi...il me fallait reconquérir cet homme aux plaisirs du livre d'artiste, mais celui-ci se devait de combler son attente, qu'il soit lisible sans être touché, visible sans que des pages soient tournées...d'un dépit, d'une rage sont nés tous mes bébés muraux...depuis lors, la colère me signifie toujours une raison de m'arrêter et de réfléchir.
Puis un jour j'ai voulu mettre des images sur ces mots crus et violents, sans que cela soit des illustrations. En 2004 les 8 livres étaient réalisés. La chose une fois faite me rend toujours muette, je n'ai rien à en dire, il est fait pour être aux autres, je tourne mon regard vers demain, vers ce que je ne sais pas....
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Le fond de cette toile, les images qui s’entre pénètrent les unes dans les autres. Le soleil glisse. Le corps comme soleil, le vrai corps de Nous, à chaque temps, qui, à chaque seconde est l’air, l’air de notre espace, l’air qui appuie partout sur mon corps tout bourré à bloc, emplit, mon corps frappé de vie, contraint consentant à cette vie. Je m’interroge : le corps de ce qui m’entoure, tout le corps du Sens de nos mots, l’invisible de nos mots, la chair pourtant et les échines de nos mots, le corps du verbe périt-il ? Dans quelles zones subtiles meurent les espaces vides d’entre nos mots ? Et où se touchent-ils ?. Les oiseaux savent cela. Il s’ex pansent dessus cela, la cloche de midi aussi et le vent qui distord les formes gazeuses, les eaux éthérées des mousses ainsi que les ailes adossées à ce son dans mon souffle, où ma main de mon œil caressée, savent cela, également, en toute égalité. Ces animaux coupés, tronçonnés par l’outil soutenu par le geste, tous préalablement décapités, dé sabotés, vidés, trempés, ensuite desséchés et enfin remis de force dans leurs formes puis exposés. Cette maison est habituée au « spectacle » de cette collectionnite sacrificielle. Vaniteuse, toute la maisonnée se rie de ces mouvements tués pour être abandonnés contre ces murs de parpaings blancs.
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J’ai vu au sous-sol, sur un pan de mur bien blanc, long de deux mètres et haut d’autant, des pattes.
Non, pas des traces de pattes, mais bel et bien des pattes, aux sabots tout propres. Des pattes de chevreuils. Certaines têtes, les plus « belles » étaient là-haut dans le salon et les pattes, toutes les pattes étaient ici, dans ce sous-sol baigné d’une lumière douce et presque esthétique. Il y avait excédent de pattes, ce qui est logique. En effet un chevreuil n’a qu’une tête pour quatre pattes.
Trophées. Les trophées de la Connerie, la preuve « murale », accrochée là, de l’esprit de rentabilité et conservateur omniprésent de cette maison.
Tout d’abord au sortir de la descente d’escalier, on perçoit des tâches brunes. On se trouve à dix mètres du mur « d’exposition », tout au plus .
Ces tâches sont régulièrement espacées.
Elles rythment le blanc du mur.
Lorsqu’on est ainsi, de loin, c’est beau ces points qui flottent.
Mais au beau milieu de la 8ème ligne les points stoppent.
Reste le blanc. La séquence est interrompue et l’œil s’étonne.
Ceci n’est donc pas un motif lié au mur, il s’agit de l’apposition volontaire d’un matériau qui n’a rien à voir avec le mur.
Ce vide, ces points, que sont-ils ? Et après, cet espace laissé vierge, sera-t-il comblé ?.
L’œil ne comprend pas, il faut s’approcher. Les tâches sont coiffées de noir, un noir luisant, vernis, qui prend la lumière du jour venant de la gauche, cette lumière est renvoyée sous la forme qu’a l’espace de sa source : c’est un rectangle bordé de Terre de Sienne donc, qu’il y a dans ces tâches noires.
On approche,on identifie et alors on ressent : cela n’est-il pas vrai pour toute chose ignorée au départ ?.
On reconnaît des pattes d’animaux, des sabots. Oh ! bien sûr pour celui qui n’a pas été élevé à la campagne c’est impossible de savoir qu’il s’agit de chevreuils. Sans l’animal au bout, sans la queue, sans la tête, juste à voir ces formes de « L » couché sur sa grande barre, des « L » majuscules bloqués, qui relèvent leurs sabots en ce mouvement gracieux, comment savoir de quel animal il s’agit ?.
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Toutes les pattes émergent de plaques de bois tronçonnées « maison ». Je reconnais la chair fraîche d’un jeune bouleau, sa peau anthracite et écrue pèle en copeaux très minces. Ces écussons-là, il ne les a pas achetés, il les a fait.
Enfant, je voyais ma mère couper le fromage avec un couteau dont le manche était la patte d’un chevreuil. Au retour de l’école, nous accrochions nos duffle-coats aux pattes « porte manteaux ». Lorsqu’il revenait de la chasse, mon père pendait sa cartouchière à une patte « porte sacoches », puis il couchait son fusil entre deux pattes « porte fusils ». Il y avait aussi les pattes « porte skis » ou « porte raquettes ». Toutes les pattes que mon père coupait avaient une fonction précisément définies.
Mais si tout meurt, n’est-ce pas, justement, pour ne plus rien avoir à porter ?, N’est-ce pas justement pour ne plus être « chargé de … », « en charge de … » ?.
Là, sur ce mur je compte, car je les compte stupéfaite, 109 pattes « vides », exemptes de charges, celles-ci, les bienheureuses !.
Ces veinardes-là ne portent rien, elles ne sont là que parce qu’il n’a pas pu les jeter, parce qu’il fallait bien qu’il les utilise. Face à cette « exposition » - reléguée au sous-sol, censurée pourrais-je dire, car il a un peu mauvaise conscience d’avoir « commis » ce qui est là – je n’entends pas les plaintes de ces bêtes aux pattes coupées, le sang ne m’apparaît pas non plus, il ne me submerge pas en une vague d’hémoglobine digne de Kubrick ou d’Argento.
Immobilité et douceur morbide de cet ensemble qui me laisse bouche bée
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Ce « tableau » imposant, qui s’impose à moi, me renvoie à sa présence, au son de sa voix qui m’explique, mais cette explication n’est qu’un enfoncement progressif dans une justification pauvre car indéfendable. J’imagine que je l’entends me parler, il est souriant mais intimidé par mon étonnement devant son « mur ». Il est fier de lui, je crois qu’il savait que je descendrai rendre visite à son atelier, il sait bien que dans cette maison, c’est son atelier qui est mon « chez moi ». Serait-ce pour moi qu’il a œuvre ?. Malgré son âge et sa surdité il tire toujours aussi bien.J’ai – qui monte à mes narines – le parfum gras de sa veste de chasse de coton huilé, encore humide, mêlé aux effluves de musc des bottes doublées de cuir qu’il vient d’ôter. Je vois ses doigts gourds et épais soutenir son fusil à double canon ouvert, et je suis dans le bois qui borde l’étang. Du mirador je devine des souffles, je perçois des guets et déjà les herbes hautes se cerclent, dans un aplat vert émeraude gît une bête transpercée, je le vois lui, satisfait, s’approcher et palper le trou noir et rouge. Voilà une bague fort bien utilisée, le tireur n’a gâché ni la tête, ni le cuissot.
Il y a eu trois coups, trois détonations.
Aimer tuer et le cacher sous le prétexte de la gestion c’est cela la justification indéfendable.
Et puis j’entends sa voix se taire et sa pensée folâtrer vers son mirador. Il désire encore tirer. Je les connais ces images tant et tant. Tant d’années, d’hivers à vivre au rythme de ces chasses- ramassis de frustrés en manque de rites soit disant virils, toutes ces journées passées à regarder le spectacle risible de ces guerriers d’opérettes. Combien de saisons de chasse déjà ?…Trente-cinq. Trente-cinq saisons de cinq mois, soit cent soixante-quinze mois. Je n’ai pas envie de savoir combien de week-ends cela représente.
Je regarde le mur. A quoi servent-elle celles-là ?. A quoi ?. J’ai honte.
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J’ai tâté le pis des vaches. J’ai senti dans mes mains la goutte lourde descendre de cette époustouflante branche caoutchouteuse rose et ocre.J’ai tenu dans mes bras des agnelets déjà pleins de leur odeur âcre et « herbée ». J’ai pris dans mes paumes les poussins minuscules, si doux et si crétins et les perdreaux- boules de duvet élégamment tachetés. J’ai entendu les canetons col-vert violenter de leurs becs encore mous leurs prisons de calcaires à la chaleur des couveuses, et là-bas- sous le prunier aux branches captives du grillage des volières – s’affermir l’autorité des faisans prétentieux et si beaux, face aux coqs nains teigneux et agités.
J’ai caressé lentement les flancs de nos chiens mourants qui pleuraient, tués soit à petit feu par les appâts empoisonnés que mon père destinait aux renards et qu’il disposait savamment dans le bois, soit infectés par le poison distillé par les tiques dont ils étaient couverts, ou bien encore fauchés en pleine course par une voiture,alors qu’ils traversaient une des routes bordant la zone de chasse, ou aussi parfois, éventrés par un sanglier blessé qui ne sait pas mourir sans combattre.
J’ai pu suivre à quatre pattes, les hérissons marcheurs et leurs milliers de puces sauteuses. Je me couchais à plat ventre dans l’herbe tenant un morceau de pomme et la petite bête, après un temps de mise en boule de peur, se dépliait, sortait la tête et mangeait. Le déploiement de son armure me rappelait le Finistère : les oursins, je songeais au vent et aux ondes noires d’Octobre.
J’ai nourri les geais gueulards qui tombaient de leur nid et devenaient orphelins. L’odeur d’humain que je laissais sur leur plumage les aurait voués à la mort, leur mère les aurait tués. Je les installais donc dans une grande cage en vannerie et plusieurs fois par jour, leur enfonçai une mixture répugnante dans le gosier. Je devais faire le geste de leur mère. Dès qu’ils me voyaient ils piaillaient, m’indiquant ainsi le rôle que je jouais dans leur vie. Plus tard, je les faisais s’envoler.
Je séjournais rêveuse près d’un couple de grands-ducs qui nichaient dans un reste de corps de ferme près du cimetière. Je grimpais jusqu’à leur nid par une échelle de bois branlante et, en leur absence, leur volais leurs « pelotes de rejections ». Ces œufs de bouche mystérieux. Jamais, malgré les heures passées là-bas, je ne les avais vu en train de les « pondre ».
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Je les rapportais à la maison et jouais à l’archéologue une pince à épiler à la main. Précautionneusement je défaisais le délicat écheveau d’osselets accumulés, agglutinés les uns aux autres, ces os fils et leur inextricable enchevêtrement m’obligeaient à des gestes minutieux pour dégager sans détruire.Je notais à mesure que je découvrais : fémur, crâne , mâchoire…
Les grands-ducs étaient vraiment parfaits, ils pondaient la vie par le cul et la mort par la bouche. Ils possédaient le cercle infini et cela dans la plus secrète magnificence. Les autres enfants, craignant leur imposante stature et leur regard tout à fait immense et fixe, préféraient piller la verroterie décorative qui jonchait les tombes du cimetière.
L’obscurité des granges abandonnées ne m’effrayaient plus, je grimpais sans broncher aux échelles vermoulues, pour pouvoir rapporter à l’école ces incroyables « résumé » velus, ces ossuaires de rongeurs pelotonnés que tous les élèves m’enviaient.
Le corps comme Nature. Tout corps dans une seule nature.
Mon corps d’enfant.
Le sien à soi qui toujours devient, qui jamais n’est, qui sans cesse accompagne, prolonge le temps.
Tous les jours le corps d’Hier ne meurt-il pas à celui qui Maintenant est ?.
Est-ce le cercle ? La vrille ?, Quel est le signe de cette boucle qui se survient à elle-même ?.
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J’ai entendu le cochon obésifié par l’homme s’égosiller tout le jour, étendu de tout son long flanc, la gueule ouverte, pleine d’un pieu de bois qui le traversait jusqu’à l’estomac pour le saigner de l’intérieur. J’écris « entendu » car je n’ai fait que l’entrevoir, la chose me faisait horreur déjà à entendre.A chaque automne un nouveau cochon. Pendant une année nous l’avions vu et appelé « lulu ». La vache s’appelait « Marguerite » et le cochon « lulu », c’était ainsi. Et à chaque rentrée scolaire, « notre » cochon , le cochon des voisins agonisait tout un jour, étendu là, avec ce grand trait brun et raide qui, jaillissant de sa gueule, le paralysait. Il gisait lamentable dans cet enclos gluant et touffu en de rares endroits, sur le ventre et gueulant, gueulant, gueulant.
Dès qu’il était mort, achevé d’une balle dans la tête qui laissait un tout petit trou entre ses deux yeux, le rituel commençait : ils le faisaient basculer sur un brancard en bois pour le transporter jusqu’à une immense table brunie des sangs passés. C’est à ce moment-là que j’avais, ainsi que les autres enfants, l’autorisation de venir voir.
Ils l’égorgeaient, l’ouvraient, le défaisaient. Dans le cochon, ne dit-on pas que tout est bon ?.
Le rouge fumait en giclées dans l’air froid, les vapeurs de son veste intérieur, la couleur intense des boyaux interminables, le fleuve gonflé des boyaux, rythmés par des renflements gris et vert d’eau, par des resserrements blancs et bleus pâles, le flot infini de cette délivrance nutritive et l’odeur des poils, des glaires, des moêlles…Le sang coulé dans les viscères évidées pour fabriquer le boudin noir, l’onctueuse mollesse de la nudité des chairs, leur affaissement plein, large. Et le tête, et la queue … »..et la tête…et la tête…et la queue…et la queue…aaaaaaaaaaaaaaaa….. ».
Cela m’était si familier.
La nature de ces morts, la façon dont ils tuaient, leur méthode, leur application à défaire, le soin qu’ils prenaient à cela, oh !! qui osera dire ou penser Nostalgie !. J’ai croisé le regard de beaucoup de ces agonisants, c’était juste un chevreuil, un lapin, un chien, un sanglier, un cochon ?….Qui sait ?, Qui sait qui est quoi, et quoi est qui ?, Qui sait , Qui OSE affirmer.
La mort dans cette campagne d’alors, mais cet alors n’est pas bien loin, s’approchait de la bouche des enfants, elle passait sa langue rougie sur nos lèvres et nous nous en nourrissions.
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Quant au lapin de Garenne que mon père dépiautait savamment sur le chevalet de bois, fabriqué à cet effet, il me faisait singulièrement penser au christ que je voyais partout en croix. En croix tous les vendredis soirs à l’église. En croix au-dessus, et du lit conjugal, et de la porte de la cuisine chez mes grands-parents bigots. En croix à tous les carrefours des chemins de ce charolais rural. Ouverts, béants, des offertoires au regard, tels étaient ces christs, tout comme ce lapin qui m’ouvrait ses bras frêles et aussi sûrement crucifié sur ces planches de hêtre brut que l’autre était juché sur les calvaires de pierre. Dessous le chevalet était posé un bol qui servait à recueillir le sang, base fameuse de l’élaboration du civet. La tête de lapin écorché avec les muscles sombres, les tendons roses et les nerfs blanc ocre, c’était déjà ce que je verrai des années plus tard, au cinéma avec « l’Eraserhead » de David Lynch, au musée avec « Le bœuf écorché » de Rembrandt et en libraire avec « l’Ecorché » de Milan. Il n’y avait rien de sale là-dedans, ni rien de choquant, pour moi c’était juste un peu de chairs à nue, sans l’odeur.La peau, les peaux à l’extérieur si parfaites pour la caresse. Les poils ocre jaune, jaune de Naples et terre de Sienne du lapin, les brosses drues gris anthracite et noir du sanglier, la robe moirée, fine et peignée du chevreuil, les habits de l’animalité, les si bien adaptées parures de la bestialité.
L’arrachage des plumes, c’était le rite du soir. La forme que prenait cette envolée avant la retombée dans le grand sac poubelle noir, le fier « champignon atomique » de toute cette poésie qui refusait de tomber.
La forme, la tendresse de ce geste lascif de la matière qui, lasse de lutter, finissait par s’effondrer, main de pluie inégale qui laissait la bécasse, la perdrix, le faisan, le canard – et tous les volatiles mangeables – nus, ridiculement maigres, parsemés de boutons en relief dernières nacres ébahies, vidées de leurs anciens ramages avec encore un peu l’odeur des vents et des brises libres. La poubelle était vite remplie. Tous les attributs de la vie s’estompaient entre les mains de mon père.
Avec ces plumes c’était toute la beauté qui mourait.
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J’aurais donc vu, avant l’âge de onze ans : tomber, mourir, étriper, mettre bas, pondre, ouvrir, recoudre à vif, égorger, décapiter, saliver, chier de peur, tuer, pisser, se vider avant la mort et s’accoupler.La nature des arbres, celles des eaux ou bien celle de l’herbe bruissent également de la chose continue, mais c’est là un son des plus singulier, qui s’affirme dans l’écoute. L’infime avait pour moi plus de force, il s’imposait alors par son « silence ». C’est en apposant mes mains sur les troncs receleurs de fourmilières, en les plongeant dans l’abandon du fluide opaques des « craux » où songeaient les têtards encore muets, formant d’étranges méduses éparses et gélatineuses remplies de points noirs, c’est en me couchant dans le poil tendre du lit des prés de printemps ou bien en m’égratignant les avant-bras à la cueillette des mûres, que la Nature, tant végétale qu’aquatique me signifiait un écho d’Immortalité qu’elle semblait être seule à porter.
C’est après, bien plus tard, que j’ai su qu’il n’en était rien, que tout pouvait mourir sous leurs mains, sous mes mains aussi et que je ne pouvais rien voir, rien, toucher, ni même rien envisager impunément, y compris moi-même…
Mais de là où je suis, dans cette maison, devant ce mur, là-bas puis-je dire, parce que même sans y être plus j’y suis toujours un peu, dans cette maison donc qui aura cru me posséder, me garder – de par cet ensemble de visions et de sentiments compactes qui me lient à ce lieu lointain – l’amour tuait. On traquait les bêtes, on les abattait, on les mangeait, puis, en bombant le torse,on les montrait en trophées.
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Je ne suis pas folle tu sais, mais à voir la mort souvent, de quelque nature qu’elle soit, d’où qu’elle provienne, on apprend qu’elle n’existe pas. Mais tout de même 109 pattes sur un mur, seules, si dépourvues de sens, c’est l’absurde accouplé au vice, le spectacle quiet de l’horreur, malgré tout, fièrement exposée. Une fois retournée au salon, comme ils ne savaient pas quoi me dire, ils m’ont parlé d’Art…j’ai eu envie de vomir…tu comprends, n’est-ce pas ?. L'écusson contenant le coffret et le livre. Il suffit d'intercaler une des gravures ou bien une page texte entre le livre et le coffret plexiglas pour profiter chaque jour de l'ouvrage.

15:10 Publié dans Loisirs/Culture | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Texte TROPHEES, Anne Vanier-drüssel, chasse, Bourgogne, eau-forte, papier Hanhemülhe, le plexiglas dans l'art contemporain
09 octobre 2007
DEDUCTIONS FISCALES ET ACQUISITIONS D'OEUVRES
Posséder une oeuvre d' art c'est conjuguer rêve, plaisir et patrimoine. L'acquisition d'une œuvre d'art constitue en effet une excellente préconisation de diversification patrimoniale.
Pour ma part j'aime l'idée de pouvoir vendre mes oeuvres pour en acheter à des artistes que j'aime et qui en ont besoin ( le nerf de l'action c'est l'argent qui permet de travailler efficacement, de coller les images à ses désirs, simultanément...qui pourrait attendre 15 ans avant de peindre le tableau qu'il a en tête ?, quel intérêt a une société à n'avoir dans ses rangs que des artistes qui meurent de faim ?, l'argent en terme d'art est un moyen, jamais une fin ).
Acquisition d'oeuvres d'Art Dans le cas d'achat d'oeuvres d'artistes vivants, l'objectif n'étant pas d'enrichir les collections publiques, mais de favoriser la création contemporaine, l'entreprise reste propriétaire de l'oeuvre. Cette déduction qui est pratiquée par fractions égales pendant cinq ans au titre de l'exercice d'acquisition et des quatre années suivantes ne peut excéder au titre de chaque exercice la limite de 3,25 pour mille du chiffre d'affaires, minorée du total des déductions mentionnées à l'article 238 bis AA du CGI, et doit être affectée à un compte de réserve spéciale figurant au passif du bilan. En contrepartie de cette déduction fiscale, l'entreprise doit présenter l'œuvre acquise au public. En cas de changement d'affectation ou de cession de l'oeuvre ou de prélèvement sur le compte de réserve, les déductions pratiquées sont immédiatement réintégrées. La décision de pratiquer cette déduction relève de la gestion de l'entreprise et n'est subordonnée à aucune autorisation préalable de l'administration. L'entreprise qui décide de pratiquer cette déduction doit joindre à sa déclaration de résultats un document conforme au modèle présenté par l'administration.Pour les oeuvres dont le prix d'acquisition est inférieur à 5000 € HT, le Ministre délégué au Budget admet que la condition d'exposition au public soit satisfaite dès lors que l'oeuvre est exposée dans un lieu "accessible aux clients et/ou aux salariés de l'entreprise, à l'exclusion des bureaux personnels".
(toutes les photos sont de Anne Vanier-drüssel)





















