Il y a des situations en peinture, où l'issue est la solution la plus improbable et du coup la plus personnelle.
En 2001, le 26 Juillet exactement, après avoir détruit la plupart de mes premiers travaux sur papier, et regardant d'un oeil mauvais mes premières toiles et simultanément mes carnets, j'ai ressenti la nécessité de rendre illisible cette prosodie quotidienne.
J'ai marouflé une de mes toiles déjà peinte de papier blanc, ai saisi une plume, de l'encre de chine, mon premier petit carnet de croquis de travail et ai réécris, ascentionnellement.
C'était la Toile de Bord N°1.
Je la mettais au mur et réalisais que l'intuition est certainement la force la plus importante de l'Art...
En m'assurant de l'illisibilité de mes notes, à une époque où la critique d'Art Catherine Millet editait les détails de sa vie sexuelle, je trouvais la solution à mon problème: rendre VISIBLE les années de questionnements solitaire et visible ce biorythme fou qui fait qu'au bout du compte, après 10 ans de débutance ma vie était, malgré tout, enfin, une unité palpable.
La série dans sa totalité mesure 19m12 et le début tient la fin, je tiens à ce motif du serpent qui se mord la queue, cette boucle bouclée....déployée sur un mur la série devient ligne d'horizon.
Vous aurez l'impression de voir de mieux en mieux ce qui est écrit, ce n'est pas une illusion, c'est que j'ai cadré chaque toile en fonction d'elle-même et non en fonction de la plus grande toile (81x60 cm), d'où cette réelle approche visuelle.
Bon voyage...