Parfois, je voudrais qu’il n’y ait rien /
ces 3 plaques assemblées sont les dernières.
Il n'y a plus rien de visible, hormis la matière de l'aquatinte violente qui tente de cacher le fond de ce paysage gravé, et qui n'y parviens pas car ce tirage possède un relief incroyable.
Cette fin est devenue le début : je me suis vue dès lors que je soulevais délicatement le papier de la plaque, dans la pénombre d'une chambre, emmitouflée, essayant de deviner ce qui se cachais derrière de lourds rideaux opaques...et cette fin est devenue le début de l'histoire, tout naturellement.
et l’ouvrir comme cela. /
Je pensais aux routes, aux rembardes de protection entre deux voies, qui, fichées en terre par de solides rectangles d'acier, strient nos voyages inconsciemment.
Le fond représente ce panorama des Cévènnes ondulant sur l'horizon quand on est sur la A75 de Montpellier à Gignac.
par flux /
Imprimé sur des bandes de papier assemblées par des charnières en papier de soie
Ce tirage a la particularité d'avoir été évidé, j'avais prédécoupé mon papier au scalpel.
Ce paysage devient théâtre, l'imagination donne à voir des scènes...invisibles aux yeux.
l’étendard vertigineux /
des mots. D’un jour de mots.
Je réécrivais mes carnets de travail sur mes anciennes toiles recouvertes de papier blanc et "bêtement" je me suis dit que cela serait prometteur de suivre les toiles par des gravures..."vaste programme" tenu durant 3 plaques, puis un accident est survenu sur la 4ème ( cf garvures série Le tremplin ) et comme les accidents sont choses rarissimes chez moi en gravures, j'ai lu dans ce raté un mauvais augure pour la suite et me suis arrêtée là durant 1 année et demi.
C'est en assemblant ces 3 plaques ( 40 x 12 cm chacune ) que j'ai vu cette histoire, ce paysage se nouer peu à peu.